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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 16:37

 NYC

 

Parcours en  forme de bonnes résolutions et selon le mode presto, le seul qui convienne à cette ville augmentée.

Relire dans l’avion la biographie de David Childs, maître d’œuvre du New World Trade Center (ne plus dire Ground Zero). A la première occasion, ne pas oublier de souligner tout le mérite et les vertus du plan de développement durable, baptisé PlaNYC 2030, de la municipalité finissante. Rendre hommage à l’audacieuse révolution pacifique des Community Gardens, empruntée pourtant aux socialistes français de l’utopie du XIXe siècle. Tomber en pamoison devant les dernières livraisons des architectes Gehry, Foster et Piano. Bien obligé. Flâner sur la High Line entre chien et loup. Dans le premier dîner en ville, s’abstenir de  poser la question : mais où sont donc passés les pauvres de Harlem et du Bronx ? Se faire inviter par le couple d’expat’ idéal pour qui tout semble rouler : Paris ? fini, ici au moins, on fonce etc, etc… .  

Penser à croiser dans la rue un visage connu, il a joué dans quel film déjà ?

Acheter du bio au green market de Union Square. Se mettre dans la tête de Larry, jeune patron du portefeuille obligataire de Black Rock, en proie à cet épouvantable dilemme : acheter à Lower Manhattan ou à Brooklyn Heights ? Résidentialiser Wall Street ou traverser le pont ? Osé. A moins que Soho…Non, has been. Prendre un petit déjeuner au Pierre, à deux tables de celle d’Andrew Hugues-Thomson qui a récemment déclaré : « je suis un entrepreneur et les entrepreneurs vivent à New York ». Glisser  son avis, en deux phrases apprises par cœur, dans une conversation sur l’approche mathématique du risque qui surestime la fiabilité des statistiques au détriment de l’aléatoire. Interpeller son voisin de table sur cette question : Keynes ou pas Keynes ?

Ne faire que passer devant Tyffany & Co.

Faire une bise complice et entendue à Valentina, la grande prêtresse de la galerie Gagosian, lors du vernissage de l’expo de cet artiste hongrois parfaitement inconnu. Echanger avec une chroniqueuse du New Yorker : votre gentil penthouse de Chelsea, dites-moi, vous l’avez acheté en condo ou en co-op ? Prendre un bourbon sirop d’érable au Please Don’t Tell. Puis un Rose Dragon au Yellow Bar avec ce français créateur d’une start-up dans le social gaming business. Qui y croisera Paul lequel se présentera sans rire comme un serial investisseur. Qui lui-même …… Dormir une nuit au Dream Downtown, l’hôtel coffre-fort. Finir une autre nuit sur la terrasse du Press Lounge au décor délicieusement artificiel. Interroger subtilement : mais qui est le Paul Auster du Queens ?

A un moment ou à un autre, traverser la 125e pour aller de l’Apollo Theater au Cotton Club. Déjeuner au  Red Rooster chez Marcus Samuelsson. Remuer ciel et terre pour assister à un concert de Joshua Rednan. Aller voir n’importe quelle expo pourvu qu’elle se tienne à la Neue Galerie, beaucoup moins fréquentée que le Guggenheim ou le MET. Enfin, être là le 11 juillet à 20h24 au moment, unique dans l’année, du Manhattanhenge où le soleil s’intercale parfaitement entre les gratte-ciel et où  ses rayons alignés sur les rues orientées est-ouest font ressembler Central Park à une toile de Jérôme Bosch. Emotion.

Pour trois jours, changer de peau et se fondre dans l’univers clichés chics de New York. Y mener grande vie. Ou en avoir l’air. Une vie pas tout à fait vraie mais telle qu’on l’imagine. Ou telle qu’on se la raconte. The good life, quoi.

 

Didier TURCAN.

 

New York, ville évidemment élue au titre des « parcours de l’émotion » de Covos Baxon.

Pour tous contacts : Roch Guilabert - Anne Le Calvé. Tel : 01 55 20 23 83.

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