Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

e-mail

Archives

28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 19:54

 

IKEA CITY

 

Visibles en étant utiles, disions-nous. En nombre croissant, les entreprises orientent résolument une part  de leur stratégie marketing vers l’urbain. Et cherchent à séduire le client en sollicitant le citadin. Les exemples se multiplient à présent d’initiatives privées visant à faciliter ou à agrémenter la vie de l’usager de la ville.

Lieux d’entrée ou de sortie des agglomérations, les aéroports ou les gares font désormais l’objet de toutes les attentions. Pour susciter l’envie de ville ou laisser de celle-ci la meilleure image possible. Par un opportun détournement, Ikea  avait imaginé à l’été 2012  soulager l’attente des passagers de Roissy en leur proposant un « Ikea Lounge » meublé bien entendu d’articles maison, canapés, fauteuils et lits, judicieusement positionnés devant des écrans de télévision. Un franc succès.

A l’automne, l’enseigne suédoise changeait d’échelle. Elle jetait son dévolu sur le quartier de Strand East, dans l’est de Londres, pour y construire 1200 maisons à portée des classes moyennes, un hôtel de 350 chambres en association avec l’américain Marriott, des restaurants, des espaces verts et des boutiques. Une manne inespérée pour ce no man’s land appelé à profiter il est vrai, et le choix n’est pas anodin, du développement des infrastructures du parc  olympique tout proche. Lotissements de banlieue, résidences étudiantes, hôtellerie low cost baptisée « Moxy  Hotels », l’offensive immobilière d’Ikea tient certainement lieu de diversification. Mais ces développements interviennent dans des domaines complémentaires de l’activité d’origine et la marque scandinave avoue désirer suivre le consommateur à tous les moments de sa vie et dans toutes ses activités. Nous voilà prévenus.

Dans le même temps, Ikea  annonçait être à la recherche  de cinq hectares à Hambourg, troisième plus grand port d’Europe, pour y édifier un quartier complet. Qu’on se le dise, Ikea n’équipe plus seulement les cuisines, l’entreprise est à présent un bâtisseur de villes.

Pour être souvent bien moins ambitieuse, l’implication des entreprises dans les services publics et les lieux publics n’est plus une chimère. Les marchands du Temple sont de retour qui viennent opportunément pallier les réductions de budgets des collectivités et rendent la ville plus confortable et plus agréable à vivre. Pour le plus grand bénéfice des citadins toujours susceptibles de devenir de fidèles consommateurs. Si l’on compte bien, le phénomène fait trois heureux : l’institution locale, en quête de nouveaux moyens et qui fait financer à bon compte des réalisations qu’elle saura revendiquer à un moment ou à un autre ; l’entreprise, qui débusque de nouveaux supports marketing quand le paysage publicitaire ou promotionnel est de plus en plus encombré ; le consommateur-citadin, choyé mais toujours libre de ses décisions et de ses comportements d’achat.

Aussi, le dialogue entre public et privé est-il de plus en plus ouvert. C’est la marque de désodorisants Febreze qui crée un jardin olfactif sur la ligne A du RER quand Signal fournit chaque année 20 000 kits pédagogiques aux élèves de CP, ainsi sensibilisés à l’hygiène bucco-dentaire. C’est Kellog’s, Danone ou Liebig  qui se chargent d’assister les écoles primaires pour l’enseignement des bienfaits des légumes ou du petit déjeuner quand  Renault  y organise des jeux-concours autour de la sécurité routière. Et quand Pampers distribue ses boîtes roses aux jeunes mamans avant qu’elles ne quittent la maternité, JCDecaux  installe au cœur du square du Temple à Paris ses tables de jeux numériques « Play » avec écran tactile et tabourets mobiles, revisitant ainsi la table de jeu d’échecs du Jardin du Luxembourg, version console vidéo d’extérieur.

Nous ne sommes qu’aux prémices  de cette tendance lourde qui  balisera sans doute et durablement le cours de la relation ville – entreprise enfin débarrassée de ses préjugés dogmatiques et frustrants. De nombreux terrains d’intervention sont encore à défricher pour une production toujours plus consensuelle de la ville, environnement immédiat des 4/5e des terriens d’ici 2050. Il est grand temps, entre public et privé, d’expérimenter de nouveaux modèles.

 

Didier TURCAN

 

Toutes opérations de communication et de marketing urbains : programme « valauval, une entreprise dans la ville » de Covos Baxon –  Contacts : Didier TURCAN – Anne LE CALVE - Tel : 01 55 20 23 83

 

 

Partager cet article
Repost0
28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 19:42

 

 

Logo Instant

 

J’avais décliné les deux précédentes invitations, faute de temps… ou d’envie. Mais j’ai toujours aimé  ces escapades complices entre filles.  Au-delà de la fascination qu’exercent les voyages sur les personnes, ils créent une magie, des émotions partagées, bref ils nous rapprochent et font naitre des liens indicibles.

J’ai succombé pour Florence et le programme  proposé à l’occasion de ce long week-end exclusivement féminin que l’agence initiatrice avait malicieusement baptisé « Femmes-trip en Toscane ». Après tout, pourquoi pas ? Peut-être y ferais-je moi-même deux ou trois rencontres opportunes business oblige. Et puis je n’étais pas allée à Florence depuis plus de dix ans, que Venise… toujours Venise, oui mais magnifique Venise, bref…

Décollage d’Orly à une heure raisonnable, hôtel dont les chambres donnent toutes sur l’Arno, notre petit groupe a brûlé les étapes dans les présentations d’usage et c’est sur le mode,  anciennes camarades de lycée, que nous prenons  possession de la ville.

Piazza  della  Signoria, notre guide négligea les statues avantageuses de David  et de Persée mais s’attarda longuement sur le destin tragique du moine Savonarole….

Il parait que le nom de Florence est déjà un parfum.  Florence séduit-elle par son rayonnement artistique passé ou par le sang versé en ses murs pour forger sa légende ?  Est-ce la Florence raffinée  qui attire ou la Florence barbare qui subjugue tout autant ? Tel était le thème de la courte conférence proposée au cœur de la Galerie des Offices et donnée par une authentique réincarnation de Laurent le Magnifique. Son exposé nous intéressa juste le temps de relever cette étonnante et sans doute illusoire ressemblance.

Une pause au  café Rivoire nous fit prendre conscience  qu’ en cette ville élégante certes mais païenne, nous étions toutes  venues chercher une Florence insolite et insolente, bien plus effrontée que ne l’ont jamais décrite les nombreux écrivains qui en sont tombés amoureux. Et s’il faut absolument sacrifier à la littérature sous le ciel toscan, la quête était d’une Florence bien plus Dante et Boccace que Stendhal  ou McCarthy. A dire vrai, nous ressentions comme un  désir mutin d’écorner la beauté séculaire de cette ville-musée pour la rendre, espérions-nous inconsciemment , plus humaine. Nous n’avions pas, à cet instant, rendez-vous avec  la cité des arts qui inspira la Renaissance européenne. Et pas davantage avec les  fantômes de Botticelli  ou de Machiavel. Assurées  de cette  vision commune  de notre court séjour, nous filâmes pourtant  admirer, une fois encore, la majesté du Dôme.  C’est au pied de l’édifice et sans aucune intention d’en gravir les neuf cents   marches que la décision fût  prise à l’unanimité  de profiter de notre après-midi  libre en restant toutes ensemble.

 

Florence

 

Il faut veiller à Florence pour y recevoir l’aube comme un présent. Un excellent prétexte pour dormir un minimum , voire pas du  tout. L’idée d’une nuit blanche séduisit tout le monde. Et c’est tout naturellement que l’on se retrouva dans ce remake de  pyjama party, à commander du champagne à trois heures du matin avec quelques directrices (devenues des cops) du CAC 40, auprès du room-service de l’hôtel.

Le lendemain matin, nous découvrions les vertus stimulantes du « Jolly », l’espresso  local. Nous devions être présentées à une spécialiste piémontaise des ambiances urbaines, venue spécialement pour nous de Novare et qui s’amusa de nos mines défraîchies. « Aujourd’hui, nous dit-elle, vous allez fabriquer Florence ».

Comme beaucoup d’autres villes, Florence se déguste à certains moments bien précis du jour ou de la nuit. Et jamais, je ne ressentis  cette ville comme à ces instants-là. Florence sembla  se mettre nue en une symphonie d’émotions orchestrée par notre guide qui nous persuadait que nous en composions nous-mêmes la partition.

Les échoppes du Ponte Vecchio changeaient de couleurs selon qu’on les découvrait à onze heures ou à dix-sept heures. Les statues de la Loggia variaient leurs  positions plusieurs fois dans la journée.. Notre promenade dans Florence se transformait en une sorte de parcours des sens initiatique au travers de ses rues ocre-jaune.

Au bar de l’hôtel, en fin de journée, nous étions toutes un peu sonnées par cette aventure sensuelle dans Florence. Et revenues un peu plus assagies. Mais très vite une question se posa, cruciale : passerions-nous la nuit à l’Andromeda ou au Full-Up ? A moins que le Tenax … .

Paris, mardi, 10h45 . Apres une réunion de prod dans la grisaille parisienne, j’avisai sur mon bureau un long papier de soie, pincé aux extrémités. Un bristol blanc agrafé non signé. J’ouvris délicatement et découvris posé là entre deux feuilles palmées,  éclaboussant de couleur, un lys rouge.

 

Anne LE CALVE

 

Les «  Instants de femmes » de Covos Baxon – Parcours, découvertes, voyages incentive, voyages d’étude en Toscane et ailleurs – Information et contacts : Anne LE CALVE – Caroline MOULIN – Tel : 01 55 20 23 83.

Partager cet article
Repost0
28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 19:32

 Bouger

 

 

COMMUNIQUE

 

 

A  notre tour, de  présenter « L’ENTREPRISE EN MOUVEMENT » aux abonnés et lecteurs de ce blog. L’ ENTREPRISE EN MOUVEMENT  exprime et résume l’offre corporate complète des sociétés COVOS BAXON et  SEMBAT  VOYAGES qui englobe la satisfaction des besoins MICE (meetings, incentive, conferences, events), la gestion des déplacements professionnels (business travel) et l’ensemble des prestations annexes ou accessoires favorisant la mobilité des entreprises.

 

Au sens que lui donne L’ENTREPRISE EN MOUVEMENT, la mobilité des entreprises s’entend bien à la fois :

. des voyages d’affaires dont la gestion et l’optimisation requièrent aujourd’hui un haut degré de technicité,

. des meetings, conventions, congrès et tous types d’événements qui sont les supports terrain des  opérations  RP et de la communication corporate et dont la prise en charge réclame à présent des compétences élargies qui vont de la logistique à l’élaboration des  contenus.

 

L’ENTREPRISE EN MOUVEMENT  répond donc à l’ensemble des besoins de l’entreprise en matière de Mobility and Mice Management – les 3M – expression parfois utilisée par la profession et certains grands donneurs d’ordre.

 

Depuis leur création, les sociétés COVOS BAXON et SEMBAT VOYAGES ont pu avec soin analyser l’évolution de leur métier. Leur stratégie prend acte tant des mutations économiques naturelles que des bouleversements technologiques des dix dernières années, l’ensemble conduisant à repenser une activité en quête permanente de valeur ajoutée.

 

L’implication du  Groupe dans les métiers du business travel  et de la meeting industry  depuis fort  longtemps, lui a permis d’accompagner certaines des plus grandes entreprises du marché comme de nombreuses PME, toutes désireuses de bénéficier de son  expertise et de ses réseaux.

 

Par son  positionnement dans ces domaines d’activité, il offre à ses clients  l’opportunité de maîtriser leurs enjeux, leurs contraintes et leurs  coûts, de veiller au retour sur investissements de leurs  opérations, de verrouiller la mise en place de leurs process et de  garantir un reporting fidèle des prestations assurées.

 

C’est cela « L’ENTREPRISE EN MOUVEMENT ». Sa  valeur ajoutée coïncide avec la logique d’achats de ses clients  à la faveur d’un authentique partenariat autant pragmatique qu’innovant.

 

Nous sommes avec nos équipes à l’ entière disposition de chacun  pour étudier et anticiper avec lui  ses besoins Travel & MICE. Nous entamons cette rentrée  dans cette réjouissante et agréable perspective de rencontre.

 

Anne LE CALVE                                                               Josianne SALA

Directrice Exécutive                                                        Directrice de Clientèle

COVOS BAXON                                                                SEMBAT VOYAGES

01 55 20 23 70                                                                    01 46 09 80 71               

lecalve@covos.fr                                                             jsala@sembat-voyages.fr

 

COVOS BAXON et SEMBAT VOYAGES, partenaires de L’ENTREPRISE EN MOUVEMENT – 214/234 Allée du Forum – BOULOGNE-BILLANCOURT.

 

Partager cet article
Repost0
27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 18:19

 

SOUMAYA

 

Bon. C’est vrai qu’il s’agit là, au départ, d’une affaire de famille.

Ce nouveau musée édifié à proximité de Polanco, un prestigieux quartier de Mexico, est la propriété de l’un des hommes les plus fortunés de la planète, Carlos  Slim Helu. Il porte le prénom de son épouse, disparue en 1999. Le projet a été initié et réalisé par la société Carso dont le milliardaire est actionnaire majoritaire et l’architecte, Fernando Romero, n’est autre que son gendre.

Vu sous un certain angle, l’édifice ressemble à la proue d’un gigantesque navire. Situé au cœur du centre commercial et culturel  Plaza Carso, il assume pleinement sa vocation lucrative. Comme beaucoup d’autres avant lui, le magnat libano-mexicain a décidé  d’exploiter sa collection d’œuvres hétéroclites discrètement constituée jusqu’alors et qui compte aussi bien des sculptures de Rodin et des tableaux de Cézanne que des costumes de l’époque porfirienne, autant de productions artistiques qu’aucun dessein ferme n’a réellement pris le soin de sélectionner. Sans surprise, les premières expositions n’ont pas vraiment convaincu.

Comme ses aînés de Bilbao, d’Abu Dhabi ou de Lens, le Soumaya aux milliers de pièces d’aluminium a la volonté  d’être la locomotive d’un projet urbain bien plus ambitieux. Extension du quartier d’affaires, appartements de grand standing, théatre, nouvelles  offres hôtelières et muséales, le programme est arrêté qui fera du nord de Chapultepec  le symbole du « vive con arte ».

Elitiste pour les uns, de nature à redorer l’image internationale de Mexico pour les autres, le projet est controversé. De toute éternité, l’art divinise mais parce qu’aujourd’hui l’art fait vendre, l’art divise. Et le Soumaya d’être  accusé d’exacerber les clivages sociaux.

Dans cette polémique sans frontière, pas sûr que l’art s’y retrouve. Et pas sûr qu’il soit du côté de ceux qui  jamais ne trouvent à redire quand les artistes bénéficient des largesses de puissants ne devant leur fortune qu’à leur naissance mais que l’argent des investisseurs empêchent de dormir ou de penser droit. Un détail, l’entrée du musée Soumaya est gratuite.

 

Didier TURCAN

 

Pour tous projets d’accompagnement  de vos projets MICE (meetings, incentive, conferences, events) dans la capitale  des Aztèques : Roch GUILABERT – Caroline MOULIN – Tel : 01 55 20 23 83. Covos Baxon, partenaire de L’ENTREPRISE EN MOUVEMENT.

 

Partager cet article
Repost0
23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 19:06

 

TONTONS

 

Il régnait comme une atmosphère étrange ce jour-là dans le cabinet du préfet de la région PACA. Sous son égide et autour de sa garde rapprochée, étaient réunis pour une table ronde les représentants des dockers du port de Marseille, le directeur du terminal de croisières -  mine sombre -  deux délégués de la compagnie Costa et le président plus le vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille.

Ambiance un soupçon tendue. Les huiles étaient de sortie dans la perspective d’enrayer un conflit naissant, un de plus, sous ce beau ciel phocéen que le monde entier nous envie.

Sept. Les dockers étaient venus à sept pour réclamer un nouveau monopole, celui de porter les bagages des touristes  s’entêtant à débarquer dans la ville, pour quelques temps encore inscrite au programme de leur croisière. Se faisant plus rares et pour cause, les marchandises transitant par le port de Marseille et matière d’ un premier monopole, ne leur suffisaient plus. Et pour être sûrs d’être bien pris au sérieux, menaces de grèves et de blocage du trafic, recettes toujours efficaces. Quant aux bagagistes en place depuis longtemps mais soumis, eux, au régime de la concurrence,  il leur serait suggéré d’aller exercer leurs talents ailleurs, loin de Marseille, ce ne sont pas les ports qui manquent en Méditerranée.

Difficile d’engager un débat et des négociations à partir de cet argumentaire. D’autant plus délicat quand on sait qu’un docker à la sauce  marseillaise coûte quatre fois plus cher qu’un bagagiste lambda et pas forcément syndiqué. Certes, le professionnalisme, ça se paye surtout quand il s’agit d’empêcher les bus et les taxis – de quelle manière ? – de venir chercher les touristes à leur descente, les contraignant ainsi à parcourir plusieurs kilomètres à pied, valise en main, pour sortir de l’enceinte portuaire et trouver un moyen de transport. On est militant de sa cause  où on ne l’est pas, amateurs s’abstenir.

Le préfet a commencé par  audacieusement  proposer un verre d’eau à tout le monde. Forcément, avec cette chaleur. Les dockers, épaule contre épaule, n’ont pas bronché. Puis il s’est lancé dans l’exposé que chacun redoutait, une sorte d’état des lieux angélique sur le mode « il faut bien que tout le monde vive » ou encore « il y a du travail pour tous ». Non, précisément, il ne faut pas que tout le monde vive, répliquèrent les dockers. Du moins pas à Marseille. Quant au travail, comptez sur nous, il y en aura de moins en moins.

La discussion, déjà fort bien amorcée, se  poursuivit sur  l’interprétation qu’il convenait de faire  d’un protocole signé en 2008 et que les dockers avaient exhumé depuis quelques semaines et mettaient en avant puisqu’il fallait bien, malgré tout, sauver les apparences. Le directeur du terminal explosa. Cet accord, tout le monde le savait, ne concernait que les marchandises et en aucun cas les bagages. De surcroit, il ne prévoyait l’intervention des dockers dans cette activité qu’à défaut de bagagistes.

En quelques minutes, l’essentiel  avait été dit. Il s’agissait à présent de s’entendre sur le communiqué qui suivrait la réunion et qui serait proposé aux journalistes. Ce ne fut pas très long : l’exercice consistait dans l’agencement bien senti de quelques éléments de langage du genre « apaisement », « ouverture prometteuse d’un cycle de négociations menées dans l’intérêt mutuel »,  «  avancées encourageantes » … . Un jeu d’enfant.

Il est vrai, depuis quelques jours, les medias s’étaient beaucoup intéressés aux valises des touristes. Beaucoup moins aux touristes eux-mêmes que l’exception culturelle régionale  commençait cependant  à lasser sérieusement. Pas le sens de l’humour, les touristes. Pas d’intérêt  réel pour nos valeurs de terroir. Un goût modéré, finalement, pour notre folklore local. Un peu comme ces armateurs et ces croisiéristes qui ont commencé à guigner les atouts des autres villes de la Méditerranée qui n’ont pourtant ni  MuCem, ni  Euromed, ni OM. Mais qui évitent de se conduire  comme si  Gênes n’existait pas.

Didier TURCAN

Partager cet article
Repost0
23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 00:11

ICE-copie-1

 

 

Ou le nouveau produit MICE de Covos Baxon dédié aux professionnels de l’investissement et de l’épargne.

Contrairement aux idées reçues, un colloque ne ressemble qu’en apparence à un autre colloque et un congrès à un autre congrès. Certes, il y a toujours des gens plus exposés, bien en évidence sur une scène, qui parlent et parlent encore et d’autres, beaucoup plus nombreux, qui écoutent. Ou font semblant. Certes, il y a toujours l’heure de la pause-café et celle du déjeuner. Certes, il y a ces badges, épinglés au cœur, très pratiques sans doute  mais terriblement  banalisants .

On se croise et on se recroise dans le hall de l’hôtel, si souvent qu’on en arrive à s’éviter du regard. Toutes les postures ont été épuisées. Et pour finir, on se retrouve à acheter le même journal à la librairie de l’aéroport. On n’échappe jamais à son voisin d’avion, celui qui était déjà juste devant vous à  l’enregistrement. Vous regagnez votre chambre, vous attendez sagement l’ascenseur, la porte s’ouvre et c’est lui, toujours, qui en sort et vous gratifie d’un sourire aussi niais que le vôtre.

Pourtant, chaque congrès est bien différent des autres. Par son contenu d’abord, bien entendu, mais aussi  par sa couleur, son ton, son ambiance. Et les professionnels du MICE le savent bien. Qui ne peuvent plus servir de produits réchauffés et qui ne le veulent d’ailleurs plus.  La volonté du donneur d’ordre, du client,  demeure essentielle, incontournable, souveraine. Mais la patte de l’organisateur d’une conférence ou d’un événement est son indispensable complément. Le professionnel du MICE a enfin cessé de faire des complexes, il est un créateur d’ambiances qui facilite la transmission des messages et c’est pour cela qu’on le sollicite.

Qu’il s’accommode des contraintes financières de ses clients, qu’il évolue dans les limites de budgets resserrés est aujourd’hui une évidence. Passons là-dessus. Il pleut toujours sur ce métier. Et chacun le sait, les agences MICE , quand elles sont en concurrence, ne diffèrent le plus souvent dans leurs propositions financières que de quelques centaines d’euros. Et que valent cent euros quand une convention est réussie parce qu’elle a  su se dérouler au bon endroit et au bon moment ?

Les professionnels de la finance, de l’investissement et de l’épargne sont une clientèle difficile à séduire. Mais ils sont fidèles lorsqu’ils accordent leur confiance. Logique. Ici aussi, contrairement aux préjugés, ils ne disposent pas de plus de moyens que les autres. Et ils sont même particulièrement bien placés pour être encore plus vigilants. Sur les tarifs aériens et hôteliers, sur la sélection des menus, sur les solutions fiscales offertes par des partenaires rompus à la technique du mandat, sur les moyens mis en œuvre afin de récupérer à l’étranger toutes les taxes qui peuvent l’être, sur les process  modernes de règlement  des fournisseurs, économes en temps et en énergie.

La table ronde qui se tenait à 10 heures ce jour-là, à la Maison de l’Epargne, au cœur du quartier latin, réunissait un patron de medias, celui d’une maison de vente aux enchères, une banquière, un capital-investisseur, un économiste et le président d’une société leader dans le consulting  stratégique. Tous avaient accepté de parler ouvertement d’argent, du leur, de celui de leur entreprise et de celui que les autres n’avaient pas. Une étude récente réalisée par un panel de psychologues venait de confirmer que les français avaient un problème quasi génétique avec le thème de l’argent. Rien de très nouveau. Commentaires. Chaque orateur fut ensuite invité à se souvenir du jour où il avait amèrement regretté d’avoir parlé d’argent avec franchise. Petit instant  de détente. Puis, l’un après l’autre, ils indiquèrent  à quel moment d’un entretien d’embauche ils recommandaient d’aborder la question de la rémunération. Focus stratégique. Avis divergents. Ils conclurent  sur un thème plus philosophique en tentant d’établir s’il existait une différence de nature entre l’argent gagné, l’argent dépensé, l’argent investi ou épargné. Instructif.

Cette table ronde était la première d’une longue série d’interventions planifiées sur deux jours autour de l’investissement sur le marché spéculatif des œuvres d’art. Timides au départ, les inscriptions avaient ensuite afflué. Se côtoyaient là, outre les amateurs d’art, des conseillers en gestion de patrimoine, des responsables de clientèle privée de deux ou trois banques très connues, des assujettis à l’ISF comme des détenteurs de Livret A. Le mélange des genres, tant redouté, en réalité prenait et façonnait cette  première. Dans ce lieu consacré à l’argent au service de l’économie, l’atmosphère était naturellement conviviale. Chacun y  trouvait  ses repères familiers. Les échanges étaient intenses mais comme plus apaisés.

Les débats initiés ce jour-là ne faisaient que commencer. Ils se poursuivraient sur les réseaux sociaux  tout au long de l’année, relayés par  l’ICE Team, l’équipe permanente et dédiée mise en place pour  tenir le rôle d’animateur et de modérateur. Jusqu’au prochain congrès terrain, simple maillon désormais  d’une chaîne ininterrompue d'échanges et de débats. 

Didier TURCAN

 

I C E – Investissement  Croissance  Epargne – Devis, conception, organisation : Roch GUILABERT – Didier TURCAN – Tel : 01 55 20 23 83 –

Covos Baxon, partenaire de L’ENTREPRISE EN MOUVEMENT.

Partager cet article
Repost0
13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 19:31

    sainté 10

 

C’est en montant les marches de l’escalier du Crêt-de-Roc qu’il décida de préconiser sans réserve  ce projet d’implantation du premier  Peninsula  dans la région. Le soir même, il rédigea  son rapport  et l’expédia par message électronique  à la direction du développement et des investissements internationaux de la chaine.

Depuis trois ans, il était venu à plusieurs reprises  à Saint-Etienne pour y jouer les éclaireurs, comme il disait, ressentir l’ambiance de cette ville et tenter d’en comprendre la stratégie. Sceptique au départ, il fut assez vite convaincu de l’intérêt d’en faire l’un des points de chute européens de la firme hôtelière asiatique  et  conquérante qu’il représentait.

Il fallait une unité prestigieuse  de 180 à 220 chambres qui manquait tout à fait en Rhône-Alpes. Les investissements réalisés au cours de la dernière décennie dans cette ville du Forez pour entrer dans le 21e siècle étaient arrivés à maturité. Les relais devaient  être pris désormais pour doter Saint-Etienne d’une infrastructure hôtelière à la mesure de ses ambitions. Il serait le premier de sa catégorie à relever le défi et à présent,  il convenait  d’aller vite.

A l’occasion de sa précédente visite à Saint-Etienne, il avait pu assister à ce workshop national organisé à la Cité du Design par un collège d’aménageurs et d’urbanistes, à l’initiative des autorités de la Métropole  et de divers partenaires  privés. Les débats y étaient  articulés autour des nombreux projets locaux ayant choisi de jouer la transformation urbaine comme levier de  reconquête économique. Comme d’habitude, le consensus se fit sur la difficulté d’avoir raison en urbanisme. Mais le parcours dans la ville programmé l’après-midi devait laisser perplexes les congressistes.

Les salons de rue avaient depuis quelques temps déjà fait leur apparition. Audacieux, ils tranchaient à peine malgré le fuchsia  ou l’indigo de leur revêtement plastique avec les équipements urbains traditionnels, beaucoup plus sages. Ils avaient été immédiatement  adoptés par les habitants et, de l’avis unanime,  généraient comme une forme de convivialité nouvelle. Les poubelles coniques intelligentes « urban drop » avaient été récemment installées. Elles avaient des allures de mini comptoirs.  Dotées d’un système de fermeture  vigipirate, écologiques, équipées de panneaux solaires réfléchissants, d’un système automatique de tri des déchets et d’un distributeur de sacs papier, elles préfiguraient un modèle élégant et futuriste de gestion de la propreté et de l’hygiène en ville. Comme beaucoup de villes, Saint-Etienne avait redécouvert le tramway. Mais le sien n’était ni bleu, ni  rouge, ni vert. Par un ingénieux système de réverbération, il empruntait la couleur dominante, les motifs et les reliefs des quartiers traversés. Une représentation  fluide de la ville, en quelque sorte. Une curiosité déjà copiée à l’étranger. Hasard du calendrier,  la journée avait été décrétée « monochromatique » dans le cadre des Transurbaines,  projet artistique et culturel désormais récurrent  qui suggérait à la cité de se mettre en scène. C’est toute la ville qui fut ce jour-là  invitée à se  parer de jaune.

A son retour sur les rives du Furan,  la huitième édition de la Biennale Internationale du Design battait son plein .Un an plus tôt, Saint-Etienne  avait été  distinguée comme « ville créative UNESCO de design », rejoignant  ainsi le  cercle très fermé de villes comme Berlin, Montréal, Nagoya, Shanghai  ou Graz, entre autres. La Platine était devenue le nouveau flagship  de l’ancienne cité minière. Des couples de chevaux  bleus surmontaient les abribus. L’art  s’emparait  de la rue. Les commerçants du centre-ville avaient  relooké leurs enseignes et leurs espaces. Des concept-stores d’un genre nouveau avaient ouvert leurs portes.

Elsa, directrice de la Biennale, parlait  vite et avec enthousiasme. Dans son discours d’ouverture et de bienvenue, lors de l’inauguration de l’événement dans l’auditorium de la Cité du Design, elle avait insisté sur la volonté des organisateurs  d’instaurer un véritable dialogue entre les créateurs, d’un côté,  les usagers et les entreprises de l’autre. De la constitution d’une bibliothèque des matériaux aux dernières avancées du design numérique, en passant par les audaces  écoconceptuelles des jeunes designers, les sujets ne manquaient pas.  Le design était appelé à devenir un mode de connaissance et de reconnaissance.

Le Forum de l’innovation, dédié aux entreprises, se chargea  de rappeler comment la démarche créative pouvait être un formidable vecteur de médiation entre les acteurs économiques et sociaux. Plusieurs expositions, conférences, ateliers et événements étaient dans ce cadre consacrés au thème de l’open-innovation et de la co-création, qui donnait  matière à quantité  d’ offres corporate  concrètes. L’initiative séduisit  des entreprises venues  d’horizons  très  divers. Elle anticipait la tenue des futures Assises du design appelées à se tenir dans cette ville désormais dotée  du statut de laboratoire de l’innovation partagée. Dans cette perspective et dans l’intervalle, Saint-Etienne Métropole conçut l’idée de la campagne européenne « Meetings en mode design », histoire  de rappeler sa volonté de s’imposer comme ville  MICE. Un label qui mériterait bien, enfin, une consécration  internationale et qui irait au-delà de la simple revendication extatique de ville créative.

Parti de la Place Jean Jaurès, il descendit la rue de la Résistance et tourna rue Sainte Catherine. Il en était convaincu, Saint-Etienne allait bouger parce qu’elle osait. Elle osait ne pas se lancer dans une course éperdue aux armements culturels qui, pour nombre de villes en recherche d’identité, tenait  davantage  d’une  posture aux confins de l’alibi et de l’usurpation. Elle osait en revanche revendiquer un passé industrieux mais sans ostentation. Et elle osait surtout  s’inscrire dans le présent économique par l’appel à l’innovation créatrice et à l’échange d’expériences. En un mot, elle osait  entreprendre en proposant à tous un débat permanent, toute ville ouverte.

 

Roch GUILABERT

Saint-Etienne, ville élue au titre des destinations meetings, urbatours, missions et parcours urbains de Covos Baxon. Devis, conception, organisation : Roch Guilabert – Sophie Solina. Tel : 01 55 20 23 83.

Covos Baxon,  partenaire de  L’entreprise en mouvement.

Partager cet article
Repost0
3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 13:03

NEWSLETTER

Partager cet article
Repost0
25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 19:53

Espinosa.jpg

 

Entretien  avec  le Docteur Patrick ESPINOSA,  rhumatologue,  responsable scientifique de Covos Baxon Santé.

 

VAL  NEWS  - Après les séminaires européens de formation médicale, vous avez initié, dans le cadre de Covos  Baxon, les séminaires méditerranéens MEDISTAGES  2. Que tirez-vous comme enseignements des premières éditions de ce nouveau produit ?

P. ESPINOSA – Les MEDISTAGES 2 sont une déclinaison des MEDISTAGES européens que nous organisons depuis plusieurs années. Ils innovent en ce qu’ils créent de durables passerelles entre les populations médicales des deux rives de la Méditerranée en opérant à partir de centres d’excellence identifiés dans les grandes villes du bassin méditerranéen. Ces séminaires répondent manifestement à une véritable attente même si les praticiens de l’un et l’autre bord ne nous ont pas attendu pour échanger et se rencontrer. Bien qu’opérant dans des systèmes de soins très différenciés, on détecte de nombreux centres d’intérêt communs pour l’ensemble de ces professionnels et surtout des objectifs identiques. L’état de la réflexion est le même. Ce qui n’est pas en soi si étonnant que cela, venant de praticiens qui, la plupart du temps, parlent la même langue, ont fait les mêmes études et souvent aux mêmes endroits. Un atout considérable qui doit  inciter les  intéressés en France et les corps institués à préserver et enrichir de telles relations avec le monde méditerranéen. Au cours de ces séminaires, je veux souligner que les intervenants et les orateurs sont soumis à un feu nourri de questions et de demandes de précisions qui vont très souvent dans le détail. Les débats sont intenses et de très haut niveau. Ce sera, n’en doutons pas, une des marques fortes de ce produit.

VAL  NEWS – Quels sont les autres points forts ?

P. ESPINOSA -  En dehors du programme scientifique bien entendu, une œuvre collective, on  peut constater une très grande assiduité de l’ensemble des participants à ces MEDISTAGES. Là aussi, la raison en est la conception sur-mesure de ces opérations, parfaitement calibrée aux besoins. Quelque soit le lieu retenu, personne n’est venu se promener. Cette forte présence s’observe même au cours de ces fameuses sessions du lendemain qui posent tant de problèmes dans le cadre des congrès internationaux. On soulignera enfin l’incontestable avantage financier de choisir une telle formule, très aisément vérifiable auprès de nos équipes.

VAL  NEWS – Quelle est, selon vous, la durée idéale des MEDISTAGES ?

P. ESPINOSA -  Pour moi, la durée minimum est de deux jours temps plein répartis sur trois. Avec une arrivée des participants en fin de matinée du jeudi, par exemple, et un retour en début d’après-midi du samedi. On peut toujours envisager davantage, bien entendu, mais avec moins il y a réellement un risque de frustration tant des intervenants que des participants.

VAL  NEWS – Vous avez, croyons-nous, essentiellement monté des MEDISTAGES 2 au profit de médecins du sud de la Méditerranée. Est-ce l’unique vocation de cette formule ?

P. ESPINOSA – Les MEDISTAGES, version méditerranéenne, n’ont pas été conçus pour fonctionner dans un seul sens, bien sûr. Les prochains mois verront certainement se monter les premiers MEDISTAGES à Casablanca ou à Oran pour, au moins en partie, des praticiens français. Ces opérations s’inscriront, bien entendu, dans le strict cadre de la réglementation existante.

VAL  NEWS – Quelles ont été les thématiques abordées jusqu’à présent ?

P. ESPINOSA -  Les premiers MEDISTAGES méditerranéens ont pu s’intéresser plus particulièrement à la prise en charge des maladies cardiovasculaires en pratique clinique, à la problématique du médecin généraliste face au patient diabétique à haut risque ou encore à l’éducation thérapeutique du patient dyslipidémique. Je rappelle qu’à l’occasion de chaque MEDISTAGE,  les formations sont systématiquement doublées  de visites terrain. C’est aussi une spécificité à laquelle nous sommes très attachés. Le dernier en date des MEDISTAGES 2 a porté, lui, sur la prise en charge de la douleur en rhumatologie.

VAL  NEWS – Le projet d’Union pour la Méditerranée, issu du « processus de Barcelone », s’est enrichi avec la Santé,  d’un nouvel axe d’action prioritaire. Vous inscrivez-vous dans ce projet ?

P. ESPINOSA – Notre démarche avec les MEDISTAGES n’a bien entendu aucune finalité d’ordre politique. Et notre cheminement est et se réclame exclusivement scientifique. Il reste que si devions contribuer par notre action, même très modestement, à l’accomplissement d’un grand dessein comme celui du renforcement des liens entre les nations riveraines de la Méditerranée, nous en serions très  honorés. Et fiers de participer à l’ancrage des problématiques de santé au cœur de la Méditerranée laquelle  n’est pas une frontière mais un bassin de vie, de tous temps partagé.

 

Programme SANTE AU CŒUR DE LA MEDITERRANEE – MEDISTAGES 2 – Contacts, informations, commercialisation : Roch GUILABERT – Dr Patrick ESPINOSA – E-mail : info@covos.fr – Tel : 01 55 20 23 83 – Covos Baxon, partenaire de L’ ENTREPRISE EN MOUVEMENT.

Partager cet article
Repost0
18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 11:34

LISBOA2-copie-1

 

Regarde la carte. C’est presque la même côte qui s’enfle et s’arrondit. Aujourd’hui, le chemin conquérant  se fait du sud au nord.  C’est depuis  l’ancienne capitale vassale que l’on gagne celle de l’ex- empire lusitanien.  En route, c’est pas moins de vingt pays riverains du moyen Atlantique, figés au garde- à- vous, que passe en revue l’indifférent  marin.

Isabel  est  une femme  pressée.  Pas le temps de faire du cabotage. Membre éminente de la nomenklatura  angolaise, ses investissements  dans la métropole ne se comptent plus.  Dans la banque, dans les medias, dans l’énergie … . Tout y passe. Et Lisbonne célèbre sa nouvelle princesse. Un peu l’hommage de Magellan à Karl Marx.

L’Angola est à présent un des principaux bailleurs de fonds d’un Portugal  blessé et affaibli. A l’origine la crise, violente, d’un côté et le pétrole, les diamants et … les affaires, de l’autre.  Les riches angolais font s’envoler les prix du mètre carré des quartiers du Chiado, de Cascais ou d’Estoril. Ils y agitent leur carte VIP « Prestige Luanda » et s’y achètent une respectabilité.  En payant cher et cash des produits top et premium.

Quand elle est à Lisbonne, Isabel  ne séjourne jamais qu’au Ritz. Elle y a ses habitudes. Le personnel de l’hôtel  préserve son intimité et sa table, au restaurant, est isolée. Durant trois jours, elle enchaine des rendez-vous méticuleusement programmés et la suite qu’elle occupe se transforme en hall studieux où se croisent  aventuriers de la finance, désabusés de la politique, barons en place, intermédiaires apatrides, concepteurs de montages off-shore, réconciliateurs patentés de nations hostiles, d’authentiques investisseurs et enfin quelques amis proches.  Ceux-là seuls arrachent  un sourire à Isabel, en début de soirée.

On prétend que certains décideurs lisboètes  se sentent aujourd’hui plus africains qu’européens . Comme ce banquier qui ne craint pas d’affirmer : « Bruxelles nous étrangle quand  Luanda  renfloue nos caisses ».  En retour, la capitale angolaise devient une destination privilégiée pour les portugais en quête d’exil  économique.  Par dizaines de milliers, les jeunes diplômés lorgnent sur un pays qui profite d’une croissance à deux chiffres et conçoivent  tout à fait de s’y installer au moins le temps d’un début de carrière.  Et de marquer leur présence dans les rues et les quartiers de Luanda en contestant l’influence déjà grande des brésiliens et des chinois. La ville avoue dix fois plus d’habitants qu’elle  peut en contenir. Une rage immobilière l’a saisie dont ne peuvent en réalité profiter que les vagues successives d’immigrés. Le prix des terrains flambe, les loyers aussi, dans cette nouvelle métropole surnommée  la « Monaco de l’Afrique », une des plus chères au monde.

Isabel  n’aime pas  Luanda. Née sur les bords de la Caspienne, au pied du Caucase, elle n’y a  même pas ses racines. Elle n’est pas d’humeur océane. Mais elle s’est très tôt intéressée au projet de cet homme d’affaires franco-bresilo-croate ambitionnant de construire et d’exploiter un resort  de luxe sur le littoral de la province de Bengo, à quelques kilomètres de la capitale. Le complexe vit le jour deux ans seulement après le démarrage des travaux d’aménagement de cette plage de Baia do Ambriz. Œuvre de l’architecte portugais Alvaro Heitor Moura, natif de Benfica, l’hôtel devait être un ovni  ultra - contemporain. Le résultat dépassa les espérances de ses commanditaires. Le bâtiment était une sorte de château déstructuré, tout en torsions et en empilements  coniques, agrégeant des éléments béton-métal  indépendants  et de couleur  cuivre argent. Il était le plus audacieux représentant de cette architecture du chaos osée avec succès en d’autres régions du monde dans le domaine plus spécifique  de la création muséale.

Le soir de l’inauguration, orchestrée par l’agence Angola Events, Isabel avait réuni  toute la gentry de Lisbonne et de Luanda, quelques artistes en vue et autres personnalités du show-biz international  pour faire bonne mesure. Le lieu serait un carrefour de cultures afro-européennes en même temps que le centre de conventions le plus moderne du continent. Une partie de l’hôtel serait strictement réservée à la résidence de villégiature avec plage privée et personnel dédié. Les réjouissances se prolongèrent jusqu’au petit matin au pied des escaliers de marbre, sur l’impressionnante terrasse parfaitement invisible de l’extérieur et  autour des nombreuses piscines  juchées au sommet des cubes enchâssés dans l’édifice.

A trois cents mètres de là, insensible aux clameurs que répercutait l’océan, en lançant son filet depuis son  pesqueiro,  Saliou venait pour la troisième fois de répéter le geste que faisaient avant lui son père et le père de son père. Artisan pêcheur de mérous blancs et de lutjans depuis son enfance, il avait passé bien plus de temps de sa courte vie  sur mer que sur terre. Dans la pénombre, il  scrutait, sceptique, la surface de cette eau trop tranquille. Il le savait déjà, la prise ne serait pas bonne aujourd’hui.

Didier TURCAN.

 

Lisbonne et Luanda, villes élues au titre des missions professionnelles, urbatours, conventions, incentives et parcours urbains de Covos Baxon – Pour tous contacts : Roch Guilabert – Anne Le Calvé. Tel : 01 55 20 23 83. Covos Baxon, partenaire de L’entreprise en mouvement.

Partager cet article
Repost0