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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 13:14
Casablanca
 
La décision de participer à ce workshop organisé au Maroc par la Caisse des Dépôts a été  prise au dernier moment. Embarquement sur le dernier vol quotidien de la RAM au départ d’Orly. Arrivée une collation et trois articles de presse plus tard. L’hôtel est situé à deux pas de la place des Nations-Unies. De la chambre, la vue plonge sur la médina. Le programme prévu le lendemain  est dense et devra se faire à un rythme soutenu. Depuis quelques années s’est répandue cette pratique appréciée d’ateliers itinérants pour la découverte intelligente d’une ville qui multiplie les rencontres in situ avec les experts locaux et tous ceux qui font les métropoles d’aujourd’hui et de demain.
Après avoir été longtemps interrompus, les grands travaux ont repris qui doivent faire de Casablanca une ville phare pour les investisseurs de tous secteurs, le tourisme bien entendu et la meeting industry dans toute son acception. Les plus ostensibles sont ceux du waterfront. Les opérations d’aménagement du front de mer, à Casa, doivent se réaliser dans le cadre de partenariats avec des investisseurs émiratis et français. Ils font  appel à des méthodes d’élaboration inspirées des pratiques européennes de l’urbanisme de projet. L’ambition du projet de marina qui jouxte la grande digue  est de redonner à la ville sa vocation océane avec son nouveau port de plaisance et son étonnante promenade piétonne menant à la Mosquée Hassan II. Le challenge à relever est le suivant : renoncer à des partis pris d’urbanisme pastichant l’ancien et favoriser une « architecture verticalisée » à petite dose. Le langage est choisi mais les intentions sont claires. Casablanca ne doit rien envier aux grandes villes maritimes modernes. L’accueil de Khalid Bennani, Monsieur grands travaux du Grand Casablanca, est chaleureux mais la visite du site est courte.
Cap à l’ouest. Direction le boulevard de Biarritz. Avec le Morocco Mall, nous sommes partout et nulle part. Les enseignes sont toutes familières : Imax, Fnac, Yves Saint-Laurent… . On conçoit qu’une capitale économique doive se doter d’un tel temple commercial. On ne sera simplement ni surpris, ni étonné par l’audace ou l’originalité du décor  mais en sortant, il y a l’Atlantique.
C’est entre les stations Omar El Khayam et Place Al Yassir que  se tient la session de travail à bord du tramway flambant neuf animée par  deux représentants de la RATP et de la Commune urbaine de Casablanca. La ville est particulièrement fière de cette réalisation récemment inaugurée en grande pompe.  Les casablancais étaient impatients de découvrir leur tramway rouge taxi. La presse locale se sera faite l’écho de leur mécontentement durant les premiers jours de sa mise en service. Rien à craindre pour les autorités municipales, les français sont à la fois constructeurs et exploitants.
Déjeuner au Rick’s Café. En fond musical, tous les tubes de Mustapha Bourgogne. De circonstance.
La journée  se poursuit au pas de charge par la visite de chantiers et de bureaux d’études qui donnent une idée assez précise de Casablanca 2020 : la ligne TGV jusqu’à Rabat puis Tanger, le nouveau Palais des Congrès, le futur théatre-Opéra appelé à devenir le plus grand d’Afrique et du monde arabe, le programme Anfaplace Living Resort qui semble jouer avec l’océan, le Grand Stade de Tit-Mellil où évolueront les deux clubs frères ennemis, le Raja et le Wydad, l’ambitieux projet d’Anfa Park sur le site de l’ancien aéroport … .  Aucun doute, la ville blanche est à l’ouvrage.
Retour sur la corniche pour une ballade relativement incontournable  ici et le privilège de prendre un verre au Rose Bar. Le lieu est exceptionnellement ouvert pour nous à une heure où les nuiteux n’ont pas encore pris leur douche. Le cocktail est délicieux mais le temps presse.
Route de l’aéroport Mohammed V. On sait qu’ils sont quelques milliers à s’engouffrer tous les jours dans ces bâtiments du Casanearshore, premier site du Maroc dédié à l’offshoring. L’exploitation des centres d’appels et de Business Process Outsourcing au service d’une clientèle de plus en plus internationale est une priorité stratégique du royaume en terme d’emplois. La découverte de ce Parc est assez impressionnante. A cet instant, chacun comprend que le Maroc ne rigole plus vraiment.
Debrief dans l’avion. En une seule journée, l’idée que se faisaient de Casablanca tous les participants a très sensiblement évolué. Une certitude chassant l’autre, soudain, l’évidence. Casablanca va très rapidement s’imposer dans le concert urbain. Au-delà, c’est même toute la façade nord de l’Atlantique marocain qui pourrait bien se transformer en poste avancé d’une Méditerranée enfin réconciliée et déterminée à se façonner un dessein commun. Cinq minutes plus tard,  les yeux se troublent, les paupières se ferment, les images de la journée se bousculent et se succèdent. Et dans l’inconscient déjà un mot ou plutôt trois reviennent :  "Play it, Sam. Play it ".
 
Didier TURCAN.
CASABLANCA, ville élue au titre des missions & Urbatours - Devis, conception, organisation : Roch Guilabert - Caroline Moulin
Tel : 01 55 20 23 83.
 
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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 12:30

VIETNAM

 

Quand un règlement européen remplace une directive, ce n’est jamais innocent. De moindre contrainte, la directive peut, d’une certaine manière, prendre son temps pour entrer dans les faits. Le règlement, lui, est directement applicable dans tous les Etats de l’Union et il est obligatoire dans tous ses éléments.

Le 11 juillet 2013 sera une date particulière pour les fabricants et les distributeurs européens de produits cosmétiques. Ce jour précis, le Règlement 1223/2009 du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 entrera en vigueur. Caroline, déléguée générale adjointe de Cosmetics Europe devait plancher sur la question devant une centaine de participants en ouverture des Rencontres de la Cosmétique tenues cette année à Hô Chi Minh Ville - Vietnam dans les locaux du Consulat Général de France.

Le tiers seulement de l’auditoire était composé de professionnels locaux. Les autres participants étaient essentiellement des européens qui n’avaient pas encore pris toute la mesure de la nouvelle réglementation. Il n’est jamais très simple d’évoquer une législation locale hors de ses frontières. Encore moins une réglementation européenne en Asie. Et l’exercice s’avérait délicat. Aussi, plutôt qu’un exposé juridique comparatif ennuyeux, Caroline choisit de tenir un discours marketing et positif, mettant en avant les avantages que le marché pourrait retirer d’un régime conçu pour une protection renforcée du consommateur. Elle fit tout d’abord observer que les cosmétiques entraient dans le champ des compétences réglementaires de l’Europe après les compléments alimentaires en 2006 et les produits chimiques en 2007. Histoire de dédramatiser le sujet.

Puis elle poursuivit en rappelant que le règlement 1223/2009 avait pour objectif de simplifier et de clarifier plusieurs aspects de la législation antérieure et d’harmoniser les pratiques entre les Etats membres à travers le dénominateur de la sécurité et de la préservation de la santé humaine. Laquelle santé devait en toutes circonstances être assurée sous condition d’utilisation normale des produits, bien entendu.

Les questions venant de la salle fusèrent lorsque Caroline aborda la définition par le nouveau texte de la « personne responsable », désormais instituée pour garantir la conformité de chaque produit aux obligations édictées par le règlement et assurer une information parfaitement transparente accessible aux services de la Commission européenne. A ce stade, cette « personne responsable », nommée comme telle par le texte, semblait faire figure d’OVNI, ce qui amusa la conférencière.

Etrangement, l’auditoire se montra moins curieux à l’exposé des contraintes désormais imposées aux distributeurs. Les participants, dans leur grande majorité, n’y prêtèrent même qu’une oreille distraite, estimant sans doute que tout avait déjà été dit en matière d’étiquetage, de stockage et de transport.

C’est avec étonnement en revanche que les professionnels présents apprirent que les dispositions destinées aux produits contenant des nanomatériaux étaient entrées en vigueur depuis le 11 janvier 2013. L’information fit l’objet d’échanges variés et désordonnés que l’oratrice dut interrompre en élevant la voix. Elle désirait enchainer sur l’interdiction définitive désormais  faite aux fabricants de recourir à tous types d’expérimentations animales en assurant que le Comité permanent institué aux côtés de la Commission européenne serait sans concession sur la question. Avec malice, Caroline voulut souligner à ce propos le parti avantageux qui pourrait être tiré de la nouvelle réglementation auprès d’une clientèle essentiellement féminine.

Après avoir répondu à une dernière question, Caroline procéda aux remerciements d’usage. Puis, dans un sourire :  « n’oubliez pas, conclut-elle, que la meilleure définition que nous puissions donner de nos produits est celle-ci, les soins, les crèmes, les parfums que nous fabriquons sont un luxe que le plus grand nombre - ou presque - peut s’offrir. Je vous remercie ».

Dehors, les motocyclistes avaient pris possession de la rue. Qu’on le veuille ou non, ce spectacle, toujours, fascine. Caroline avait le temps de flâner un peu avant de reprendre son avion. Elle ferait un détour par le marché de Ben Thanh. Elle était déjà venue trois fois au Vietnam. A chaque fois, pour des raisons professionnelles exclusivement. Elle n’en connaissait rien. Elle se souvenait des récits que son père lui faisait de Saïgon où il avait vécu quelques mois  il y a fort  longtemps. Il faudrait qu’elle se décide enfin à voir cette ville et ce pays autrement que comme le marché asiatique le plus porteur pour l’industrie qu’elle représentait. Bien sûr, toutes ces filles qu’elle croisait aspiraient à être jolies, plus encore qu’elles ne l’étaient et la « french touch » était ici particulièrement appréciée. Dans quelques années, elles se laisseraient gagner par cette folie douce, cette extravagance qui en feraient les meilleures ambassadrices des marques apatrides.

Caroline héla un cyclo, lui hurla sa destination pour dominer le vacarme continu des klaxons et se fondit dans l’essaim pétaradant de la ville.

Anne LE CALVE.

Congrès, conventions, incentives, voyages d’études, missions professionnelles, événements corporate - Pour tous contacts : Anne LE CALVE - Anne LORAND - Tel : 01 55 20 23 83.

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 11:04

VACCINATION

 

Les dirigeants des plus grands groupes pharmaceutiques mondiaux étaient réunis en ce dernier hiver dans le froid londonien, à l’initiative de la Bill and Melinda Gates Foundation. Au menu de la rencontre, la lutte contre les maladies tropicales.

Les maladies des pauvres ne faisant pas recette, il fallait être de plus en plus  imaginatifs sur la question.

On le prétend, le besoin et la pénurie, parfois, fertilisent la créativité. Depuis une quinzaine d’années, des partenariats public-privé avaient été instaurés qui se concentraient sur la mise au point de vaccins pour les pays émergents. La réunion de Londres avait pour objectif le lancement d’un nouveau fonds d’un format un peu particulier regroupant plusieurs grands laboratoires occidentaux, l’Organisation mondiale de la santé et les Etats directement concernés autour d’un programme de vaccination contre le paludisme, la leishmaniose et la dengue et destiné aux nourrissons et jeunes enfants vivant dans les régions endémiques d’Afrique subsaharienne et d’Asie pacifique. Les programmes ciblés existants n’avaient jusqu’alors donné qu’une satisfaction relative. La volonté de mutualiser les efforts s’était rapidement imposée, forte de l’appui d’organisations non-gouvernementales et de sociétés savantes  particulièrement influentes.

Dans le berceau du nouveau PPP, une demi-douzaine de dons pour un total de 600 millions de dollars servirait d’amorçage. Un mécanisme de garantie des prix des futurs vaccins, assorti de la clause dite du « tiered pricing », devrait inciter les fabricants à investir dans la recherche et développement. Les industriels s’engageraient de leur côté à préserver  la sécurité des approvisionnements. Enfin, une veille scientifique et épidémiologique serait assurée qui  doterait  les parties contractantes de responsabilités partagées  permettant  d’ajuster régulièrement les termes et modalités  du  partenariat.

L’accord de Londres n’était certes pas le premier du genre dans le domaine des maladies tropicales négligées. Mais Il était sans nul doute le premier parmi les modèles économiques émergents à combiner avec autant d’audace les techniques contractuelles les plus  sophistiquées et les avancées technologiques arrivées à maturité.

Si la priorité pour le sud, au cours de la Décennie de la vaccination,  était  de réaliser une sorte d’union sacrée autour des vaccins, la question de savoir si la vaccination était  encore moderne agitait et nourrissait  régulièrement les cénacles  occidentaux en général et français en particulier. L’enseignement de certaines professions paramédicales y était  même franchement hostile. Ce débat surprenait l’observateur profane à qui l’on détaillait, par ailleurs, les avantages du carnet de vaccination électronique et qui venait d’apprendre que les vaccins contre certains types de cancer ou de pré-cancer existaient déjà : papillomavirus, hépatite B, cancer de la prostate … . Et  intégrait  peu à peu que son époque était celle de la vaccination thérapeutique, laquelle s’imposait  en empruntant aux méthodes de la thérapie cellulaire. De tempérament inquiet -  et on avait tout fait pour - cet observateur devenait savant.

Il n’était  certes servi ni renseigné alors  par une communication officielle timorée et assez éloignée du terrain. Et les relais d’information traditionnels se révélaient défaillants. Si certaines professions de santé, étaient  très impliquées d’autres, en revanche, se maintenaient éloignées du combat contre  l’image quelque peu désuète du vaccin.

C’est dans ce contexte qu’était  née l’idée de tenir  les premiers Etats Généraux de la vaccination dont l’ambition  était d’être le forum d’expression de référence tant des acteurs privés que des acteurs publics. Une grande messe de plus avaient  pu dire certains croyant observer  que le marché en était saturé. Bien plus efficaces auraient été des initiatives prises auprès de  ces relais naturels qu’étaient  les associations de patients, elles-mêmes acteurs de terrain. A cette remarque, les promoteurs du projet avaient répondu, lors d’une conférence de presse, qu’ un passage obligé et systématique par les associations de patients, dans ce domaine comme dans d’autres, risquait d’émietter et de fragmenter l’action de communication et de promotion à mener quand celle-ci réclamait une coordination renforcée. En outre, les associations de patients étaient  bien  entendu invitées à prendre toute leur part dans les Etats Généraux à venir et à formaliser, au plus vite,  leur contribution.

Dans la foulée, et dans le cadre du programme « Demain, j’ai santé » qui venait d’être officiellement agréé par le ministère de l’Education Nationale, un volet pédagogique  « vaccination » avait été mis au point par un groupe de travail inter-ministériel. La vaccination venait de faire sa rentrée scolaire.

Les bonnes intentions en matière de prévention n’avaient jusqu’alors jamais reçu une telle consécration. C’était une première satisfaction. Un second motif de se réjouir suivait : à terme, on pouvait espérer l’avènement d’une génération agissante qui n’attendrait plus seulement qu’un richissime bienfaiteur l’invite à sa table pour partager quelques reliefs d’Ortolans.

 

Didier TURCAN

 

COVOS BAXON SANTE - Contacts : Roch Guilabert - Dr Patrick Espinosa - Tel : 01 55 20 23 83.

SANTE AU CŒUR DE LA CITE - LE CONGRES PERMANENT

http://santeaucoeurdelacite.com/programme.php

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 14:24

OTS

 

Chronique de Tourisme Spatial.

L’intitulé détourné de cette conférence était léger. Mais la conférence, elle, était très sérieuse qui  se tenait dans les locaux de l’Agence Spatiale Européenne de la rue Mario Nikis à Paris.

Un aréopage exceptionnel siégeait ce jour-là dans ce quartier tranquille, à deux pas de l’UNESCO. Le directeur général de l’ESA n’en finissait plus de remercier les personnalités présentes, des officiels, des industriels - représentants d’EADS, de Dassault - des scientifiques, des astronautes, des voyagistes russes, japonais et français, tous passionnés et convaincus d’être les pionniers du tourisme dans les étoiles.

Alan STERN et Gerry GRIFFIN, anciens responsables de la NASA et néo-entrepreneurs à la tête de la Golden Spike Company, sont venus exposer le plan de commercialisation de leurs missions d’exploration lunaire pour milliardaires blasés. Avec eux, c’est du lourd. Le démarrage du programme est prévu pour 2020 mais les lanceurs et les vaisseaux spatiaux sont encore à inventer.

 

Richard BRANSON lui-même a fait le déplacement, en compagnie du gouverneur américain Susana MARTINEZ. Lui est venu expliquer pourquoi il avait choisi d’opérer à partir du Nouveau-Mexique. Et comment sa société, Virgin Galactic, comptait s’y prendre pour faire du vol suborbital une activité touristique presque banale. Fort de ses 10 000 réservations pour un ticket à 200 000 Dollars sur Space Ship Two, de son incontestable charisme et de sa manie de transformer en succès tout ce qu’il entreprend, il fait une fois encore vaciller les plus sceptiques.

 

Le président de Space Adventures, agence leader mondiale incontestée donne, lui, dans un registre très concret en détaillant, tarifs à l’appui, le catalogue déjà fourni des offres proposées sur le marché. Si l’on met de côté le vol en orbite en Soyouz vers la Station Spatiale Internationale (ISS), avec ou sans nez rouge, réservé à quelques privilégiés, le premier prix d’un vol « simple » en orbite démarre à 100 000 dollars, coûts de l’entrainement préparatoire en sus. Un vol à bord d’un avion de chasse à Mac 2 peut être conclu pour un prix d’environ 25 000 dollars. Une somme identique est réclamée au candidat à l’entrainement pour un  vol dans un supersonique. La journée dans un simulateur d’apesanteur est l’affaire de 10 000 dollars. La bonne épouse qui veut faire déverser les cendres de son défunt mari dans l’espace doit débourser 5 000 dollars. Enfin, c’est avec 50 dollars seulement qu’il est déjà possible d’envoyer un peu de son ADN dans le cosmos, à la recherche de l’âme sœur.

On le conçoit à présent, le marché du tourisme spatial est sans doute promis à une expansion considérable. Pour qui pense avoir fait le tour du plancher des vaches, l’objectif prochain est désormais d’atteindre l’état d’apesanteur - à 100 km d’altitude, juste au-dessus de la ligne de Karman - en quelques minutes, bien calé dans son avion-fusée. De toute évidence, les candidats ne manquent pas et l’intérêt du public est réel. Conséquence, la course aux « spaceports » commerciaux a commencé. Des bases de lancement sont construites, aménagées ou mises à l’étude au Texas, dans l’Oklahoma, en Floride mais aussi à Singapour, dans les Emirats arabes unis, en Afrique du Sud et au nord de la Suède. Le maillage se met en place et pas seulement sur terre. Plusieurs entreprises imaginent à présent de construire des hôtels placés en orbite. De grands opérateurs internationaux travaillent aujourd’hui à l’élaboration très sérieuse de plusieurs projets.

A la reprise des travaux de la conférence, au début de l’après-midi, l’idée est rapidement acquise : les vols suborbitaux habités ne pourront générer une activité économique qu’au prix d’une information soutenue du public. Les moyens devront être trouvés pour diffuser et vulgariser les rudiments d’une connaissance de l’espace propres à chasser tous les fantasmes et quelques idées reçues. Les représentants d’un think tank français de création récente, dans une courte communication, annoncent l’ouverture prochaine à Paris du premier Centre d’information sur le tourisme spatial, techniquement équipé en matériel de démonstration, vidéos, photos, écrans, grâce aux concours de différents partenaires associés. Pour des impératifs de rentabilité allant de soi, ce centre est conçu  à la fois comme une agence de voyages classique, diffusant des produits traditionnels, un espace de rencontres et, pour faire bonne mesure,  une boutique de vente de produits dérivés.

Aucun parmi les participants présents ce jour à l’ESA ne pouvait imaginer que cette conférence fut sans lendemain. Aussi,  Le délégué général d’Astrium, leader spatial européen, reçut-il l’assentiment unanime des conférenciers lorsqu’il proposa la mise au point d’un cycle de réunions et de colloques, baptisé Space Mice Planning, sur une durée de trois ans. Un cycle destiné à prendre rapidement le pouls du marché, à sensibiliser les différents agents  économiques et les partenaires éventuels mais aussi à influencer le cours juridique et politique de l’activité naissante.

Médiatiquement relayées, ces réunions pourraient  être un formidable  instrument d’information et de promotion du tourisme spatial en revendiquant une légitimité incontestable. Et servir de socle à une offre crédible. Promettre la lune, d’accord mais pas Mars, non pas Mars. Du moins pas encore… .

 

Roch GUILABERT

 

COVOS BAXON, partenaire de l’Observatoire du Tourisme Spatial (OTS) - Contact : Roch Guilabert - 01 55 20 23 83.

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 16:18

MICE VIN BVLANC

 

C ’est en partie parce que je crains de le croiser, lui ou l’un de ses semblables, que j’évite d’aller dans ce genre de pince-fesses rue du Faubourg Saint Honoré, avenue Hoche ou rue de Courcelles.

Evidemment, c’est sur lui que je tombe en pénétrant dans le salon Davout, venant tout sourire vers moi, le bras droit tendu comme un estoc.

--- Comment va ? me lance-t-il, ça fait un bail !

--- Ah ! bonjour, lui dis-je sans inspiration, en saisissant sa main ouverte et déterminée.

--- Alors, pas encore à la retraite ?

L’envie me prend de repartir en courant juste après lui avoir écrasé avec application un mini-éclair café sur le nez. Je me contente de sourire.

--- Tu prends quelque chose ? propose-t-il.

Et de me coller d’autorité dans la main un verre de vin blanc qui me vaudra une migraine pour la moitié de la nuit.

--- Alors ? ouvre-t-il généreusement le débat. Toujours dans le …… comment on dit déjà, enfin comment tu disais ? le …..MISS, c’est ça le MISS ! Tu l’as toujours ta boîte MISS ?

--- Mon agence MICE, oui, toujours.

Il m’interrompt et interpelle un autre convive passant par là. Serrage de mains vite fait, clin d’œil entendu puis, retour à nos moutons.

--- Oui, le MISS, c’est ça, reprend-il. J’ai jamais trop bien su ce que ça voulait dire. C’est dans la mode, non ?

--- Pas exactement, le MICE est un acro….

--- Tiens, tu vois le type là-bas, coupe-t-il, près du buffet ? Le gros avec un costume beige. A côté du barbu qui boit. Eh bien, c’est un de mes premiers clients. Tu te rends compte, plus de trente ans !

Bon, c’est sûr, on avait des cheveux en plus et quelques kilos en moins (rires).

--- ……………..

--- Bon et toi, ça va ? C’est pas terrible en ce moment le business, hein ? J’imagine que c’est pareil dans le MISS ?

--- MICE, le MICE.

--- Ouais, si tu veux, à l’anglaise ! Non, sans rire, ça veut dire quoi ?

--- En fait, j’organise des congrès un peu partout dans le monde, des réunions, des voyages incentive pour les entreprises ……

--- Ah ! T’es agent de voyages, alors ?

--- Non, enfin en partie oui mais tu sais, le job s’est assez diversifié depuis vingt ans. A présent, on nous demande d’intervenir beaucoup plus en amont des conventions, des événements …..

--- Ouais, t’es dans l’événementiel, quoi !

--- Oui, enfin l’événementiel ne représente qu’une partie seulement du MI…, du métier. C’est d’ailleurs assez réducteur de le ramener à son aspect essentiellement festif.

Je prends conscience que je n’intéresse plus personne depuis au moins deux phrases.

--- Dis-donc, j’y pense, enchaîne-t-il, mais tu me dis si c’est possible, hein ? Avec ma femme, on voudrait partir aux Maldives pour les fêtes. Si tu es d’accord et compétitif, je te donne l’affaire ! D’ailleurs, il faudrait que je te la présente, ma femme. Elle est comme toi, elle travaille dans la communication.

--- Oui. Si tu veux.

--- Bon. Je te laisse. J’ai repéré quelques proies. Ca m’a fait plaisir de te revoir.

--- C’est ça. Bonsoir.

Je me retrouve seul mais heureux. Pour donner le change, j’ai le choix entre faire semblant de consulter mon portable ou  répondre à un appel, soit me coller au buffet. Je choisis le buffet, bien décidé à faire ventouse. Un jeune homme m’y rejoint et louche ostensiblement sur mon badge. Renseigné, il attaque :

--- Bonsoir Monsieur. Je suis un de vos fidèles lecteurs. J’aime beaucoup votre approche du MICE. C’est vrai que c’est un métier qui a de l’avenir. Je sors d’une école de commerce et je déplore que l’on néglige d’en faire une véritable matière d’enseignement. Vous savez, les français sont très en retard dans ce domaine. Je pense vraiment que le MICE va jouer un rôle important dans la reprise et la croissance. Comme support de cette croissance : à la fois tribune off et on line et outil de promotion et de valorisation de projets.

Il faut être, vous avez raison, militant de ce métier.

Je le regarde, attendri. Je suis en présence d’un extra-terrestre. Il continue de parler, son ton est monocorde.

Puis il se fige, le regard chargé de questions. C’est sûr, il vient de m’en poser une et je n’ai pas écouté.

--- Vous prendrez bien un verre de vin blanc ? lui dis-je.

 

Didier TURCAN.

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 13:56

LeWebPARIS12

 

LEWEB PARIS12 ouvre aujourd’hui ses portes, autour de Loïc LE MEUR, pour 3 journées de conférences et d’ateliers, rassemblant l’ensemble des stars du Web.

Ce rendez-vous incontournable de la planète Web, attend près de 3.000 participants, tous passionnés.

Le thème de cette année est « Les objets connectés » (Internet Of Things)

Les objets connectés (data, applications  M2M, Web 3.0…) vont  avoir dans notre futur proche un impact encore insoupçonné dans nos vies et seront vraisemblablement l’une des avancées technologiques les plus importantes de notre siècle. D’ici 2020, on estime que 50 milliards d’appareils seront connectés à Internet. Les mondes physiques et virtuels se fusionneront.

Ce qui nous rappelle les produits de « Mobilité » Business Travel & MICE que nous développons et préparons à votre attention, à suivre …

A suivre, avec intérêt, Online ou en VOD sur http://www.youtube.com/leweb

Roch GUILABERT – L’ENTREPRISE EN MOUVEMENT - info@covos.fr

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 18:44
METRO
 
Metro de KYOTO, station Yamashina.  Sur  le quai, un chaland pointe son mobile sur un article d’une vitrine factice. Le geste est résolu et parfaitement ajusté. La décision a été prise, mûrie ou impulsive, on ne sait. Dans deux jours tout au plus, l’article sera livré à son domicile ou dans une consigne proche.
Le citadin redevient maître de son temps. Il s’affranchit d’une mobilité subie et récupère du temps choisi. Avec plus de 20% de croissance annuelle de son chiffre d’affaires malgré la crise, l’e-commerce grignote les processus d’achat et de vente. Dans le même temps, les enseignes réinvestissent les centres-villes consacrant la fin d’un modèle urbain, celui des hypermarchés dans les champs, pour en explorer d’autres plus proches des mobilités nouvelles.
 
Retrouvant leur audace, elles innovent et expérimentent le drive ou le commerce « à la volée » qui conjugue l’achat à distance et la médiation discrète de l’automobile. La commande est passée on-line et récupérée, préparée et emballée, d’un coup de voiture vite fait. Certaines enseignes redécouvrent la marche à pied et prônent l’achat accessoire, incidentel,  comme ça en flânant. Le but de la sortie est noble, il tient de la détente, du loisir et les courses, préalablement commandées en ligne, sont récupérées sur le chemin du retour auprès d’une « baraque de marché ».
 
Depuis bien longtemps, le commerce suit le chaland. A présent, il épouse les caprices de ses parcours multiples et s’efforce de se trouver, toujours, sur son chemin. Le commerce numérique ou traditionnel mais revisité, tape l’incruste dans les nouveaux itinéraires du citadin. Et le traque jusque dans les gares. Mais l’équation demeure irrémédiablement celle du temps. Et l’on retrouve la  « conjecture de Zahavi », théorie selon laquelle les déplacements quotidiens se font à budget-temps de transport constant, leur portée spatiale étant fonction de la vitesse de déplacement. L’accélération des transports n’entraine pas une diminution du temps passé pour la mobilité mais une augmentation de la distance parcourue. L’espace pratiqué par le citadin-consommateur serait donc dépendant de sa vitesse de déplacement.
 
Pour contestable qu’elle soit selon les catégories sociales observées, cette hypothèse préserverait donc le temps consacré à l’échange on-line qui ne souffrirait pas des progrès de la vitesse et des déplacements urbains. Solidarité des technologies entre elles, sans doute. La thèse plaide en outre pour une extension douce des villes et  l’éclosion de nouvelles centralités ; à temps constant, j’accède à des polarités  inédites de la cité et la ville gagne sur la ville, gommant l’influence jusque là exercée par l’agencement urbain hérité du cœur historique.
Et la ville de s’enrichir de nouveaux parcours à découvrir, à explorer, à ressentir.
 
Roch GUILABERT.
 
 
Les « Parcours urbains » de Covos Baxon – Contacts : Roch GUILABERT – Caroline MOULIN Tel : 01 55 20 23 83.
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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 11:04

    RAFFARIN

 

 

- J’ai  de bonnes raisons de penser, disait Marco  Polo à Kublai Khan, que la Chine est bâtie sur un socle  d’argile.

Le Maître leva un sourcil sceptique, ce qui encouragea le jeune Vénitien à poursuivre.

- De Qingdao à Chengdu, de Kunming à Jinan, des montagnes de la lointaine Xining aux gratte-ciels façon aluminium de Shanghai, la sécession menace. Fières de leur essor, Zhengzhou ou Nanjing n’acceptent plus le joug de Pekin.

- Mais le pouvoir n’est-il pas, là-bas, assez largement partagé ? objecta l’empereur.

- Oui, sire, les autorités régionales ont, en apparence, beaucoup de pouvoirs. Mais l’Etat central veille et gouverne les carrières des princes locaux. Lesquels se voient encore aujourd’hui récompensés en accédant à des fonctions nationales qu’ils désirent pourtant de moins en moins. Les dirigeants chinois se trompent. Et le pouvoir de demain se trouve déjà dans les régions et les grandes villes. En Chine comme ailleurs.

Bien calé sur  son trône, le Magnanime ne releva pas cette dernière remarque et toisa sans expression son interlocuteur. Puis il reprit :

- On dit que la Chine est désormais la première puissance mondiale.

- On le dit en effet, répondit Marco. Mais la très grande majorité de sa population vit au-dessous du seuil de pauvreté. Combien de temps encore des centaines de millions de Chinois vont-ils regarder se pavaner une élite urbaine qui se proclame volontiers communiste, pour peu qu’on l’y invite, mais qui vit selon les canons du plus ostensible des capitalismes ?

- Ces masses ont-elles encore la foi ancestrale ? susurra  Kublai dans un sourire.

Le  Vénitien perçut toute la perfidie de cette question et ne se déroba pas :

- Les autorités pourraient être tentées de jouer la carte de la religion pour retarder les choses mais le feu continuerait de couver dans ce pays globalement riche, oui, mais individuellement pauvre.

Kublai  Khan s’extirpa d’un coup de son royal siège et se tint droit pour mieux dominer encore son interlocuteur qui s’inclina légèrement.

- Nous sommes là à parler de la Chine, nous devisons, comme tu l’écriras dans quelques années, de cet empire qui s’apprête à dévorer le monde et le monde craint la Chine.

- Grand Khan, la Chine s’est ouverte au monde et le monde s’est passionné pour la Chine. Plus le monde louera la gloire de la Chine, plus vite il précipitera sa chute. Le monde, et particulièrement l’Occident, sait donner le baiser fatal. Les modes de vie occidentaux génèrent au sein de la jeunesse chinoise cette soif de consommer des produits porteurs d’une culture bien différente. Les jeunes générations issues des classes moyennes veulent désormais s’adonner à des loisirs identifiés jusque dans leurs pays d’origine comme des marqueurs sociaux, le golf, le ski, le nautisme, l’équitation. Autant d’activités  qualifiées il y a seulement quelques années de pratiques bourgeoises et décadentes. En  réalité, le poison est déjà dans le fruit et produit doucement ses effets. Que valent encore le dogme et l’uniforme confrontés au chatoiement des étoffes de la mode venue de Paris ou de Milan, aux parures équivoques qui rendent les jeunes femmes désirables, bref à tout ce qui donne de la couleur au vent ?

Le Maître semblait contrarié. A présent assis négligemment sur l’avant de son trône, il restait silencieux, ne sachant quoi penser des propos de ce trop savant jeune homme qui lui faisait face.

- Ta vision de la Chine me semble rétrograde, lâcha-t-il. Les Chinois se nourrissent à leur manière et à leur rythme du progrès des autres nations. Ils sont les chasseurs, ne l’oublie pas.  Ils n’ont simplement pas encore besoin de cette liberté dont se gargarisent tant les peuples des pays développés.

- Ils ne pourront plus encore longtemps faire sans cette liberté, Altesse. C’est écrit. Et la liberté arrachée par leurs sujets aux dirigeants chinois va drainer quantité de contre-pouvoirs dans les provinces, dans les villes on l’a vu mais aussi au sein des entreprises. Ces entreprises que les Chinois auront eu l’imprudence de laisser s’installer sur leur territoire et que les entreprises locales imiteront. Il y a quarante ans, d’autres pays de ce continent asiatique, alors en plein développement économique, tout aussi insolent, ont été fauchés par cette liberté. Demain, personne ne reprendra plus sa liberté à un milliard et demi d’individus.

La porte à double-battant de la salle du trône s’ouvrit tout entière sans que personne parût. L’entretien touchait à sa fin et le visiteur allait devoir prendre congé. Kublai Khan reprit pourtant :

- Tu parles de l’Asie que, de toute évidence, tu sembles connaître bien. Mais la Chine n’est-elle pas appelée à devenir le leader incontesté d’une grande confédération régionale ?

- On dit aussi cela en effet, soupira Marco. Mais l’environnement international de proximité de la Chine lui est hostile, Maître. Vos conseillers ne peuvent pas l’ignorer. Au sud-ouest, l’Inde, le grand rival, est un pays dont la culture, l’éducation et même les traditions sont plus appréhendables par le reste du monde. Au nord-est, l’ennemi de toujours, le Japon, est déjà très fortement occidentalisé. Les pays du sud peuvent être des alliés de circonstance mais sont peu fiables en réalité. Lequel parmi ces pays voisins de la Chine verserait une larme de compassion ou se sentirait menacé si la Chine venait à trébucher ? Non, aucune intégration politique ou économique sérieuse n’est avec eux envisageable. La Chine est seule. Et elle le sait.

L’empereur gratifia son visiteur d’un dernier sourire :

- Dès demain, tu repartiras voyager pour moi. Je prendrai grand soin de méditer notre conversation. Mais dis-moi, que répondrai-je à mes ministres qui me recommanderont de me méfier de tes récits en soulignant que ton opinion est celle d’un homme qui prend le frais le soir sur le seuil de sa maison ?

- Celui qui commande au discours  n’est pas celui qui le tient mais celui qui l’écoute et qui trouve en lui quelques éléments de réponses à ses innombrables questions.

- La seule question qui m’importe et m’obsède est celle-ci : mon empire retrouvera-t-il un jour son éclat d’autrefois et, si oui, quand ?

- Quand la Chine implosera Grand Khan. Quand la Chine implosera.

 

Didier TURCAN.

Programmes et parcours « Villes chinoises » de COVOS BAXON - Contacts : Roch GUILABERT - Caroline MOULIN - Tel : 01 55 20 23 83.

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 16:21

 

Puma

 

On rappelle que la stratégie urbaine des entreprises (S.U.E )  propose aux entreprises de s’inscrire dans le quotidien urbain des consommateurs par le biais d’actions participatives ou collaboratives visant à satisfaire un besoin ou un confort citadin ( sécurité, mobilité, fluidité, convivialité …).

L’entreprise prend ainsi le train de la ville qui revient en force sur la scène économique internationale. C’est un moyen nouveau de séduire le consommateur en considérant chez lui, pour l’améliorer, sa condition de citadin.

Qu’on l’habite ou qu’on la côtoie, la ville est un élément majeur et structurant de l’univers courant du citoyen à facettes multiples, tour à tour consommateur, citadin, patient dont les exigences vont grandissant. L’entreprise perçoit là l’occasion exceptionnelle de se valoriser dans le cadre de cette proximité retrouvée.

Ce retour en force de la ville nous avait donné déjà l’occasion de dresser un catalogue de préconisations dites de « S.U.E  pratique » à l’attention des entreprises  qui jusqu’alors figurait davantage comme un inventaire de bonnes  intentions plus ou moins réalistes. Parmi ces préconisations, nous avions ainsi pu recommander :

. d’intégrer le plus souvent possible des images et des sonorités positives de la ville dans les supports de communication traditionnels (affiches, plaquettes, visuels, messages audio …) ;

. d’utiliser un vocabulaire urbain (rue, quartier, boutique, village, carrefour, passant … appartenant au registre intime du citadin) dans les messages écrits et les communications orales ;

. de participer à des actions « pleine ville » (foires, événements …) existantes ou à créer ;

. de sponsoriser des actions d’amélioration du cadre de vie ;

. de participer à des créations éphémères (lieux  de restauration, de réception ou d’expositions  sur chantiers ..) ;

. de sponsoriser des opérations d’art urbain (amélioration du cadre de vie) ;

. d’illustrer, en toutes occasions, le slogan « être visible en étant utile » ;

. de créer des parcours marqués ;

. de participer ou d’encourager des « installations » (type salon de rue par une entreprise de conception de mobilier et objets de décoration) qui révéleraient les capacités d’innovation de l’entreprise maître d’œuvre.

Les mois ont défilé et plusieurs de ces réalisations ont vu le jour. Pas une semaine ne passe désormais sans qu’un exemple de S.U.E  soit relevé dans la presse économique. Comme promis, nous reviendrons régulièrement dans ces colonnes  pour les signaler et en analyser les effets.

Il y a longtemps déjà,  JCDecaux avait anticipé le phénomène en prenant en charge la signalétique urbaine. Mais JCDecaux était afficheur et la réalisation coïncidait avec l’activité de l’entreprise. Nous étions là dans une extension logique.

Mais nous serions encore dans la fiction en évoquant le cas d’un fabricant de chaussures de sport et d’articles lifestyle qui soutiendrait médiatiquement le projet de rénovation d’un quartier pédestre du centre ou de la périphérie d’Orléans ou de Grenoble. Ou encore qui parrainerait, simplement, la plantation d’arbres d’une espèce particulière évoquant l’univers de l’animal emblématique qui est la signature de la marque. Qui financerait la réhabilitation d’un lieu historique, qui créerait un espace ludique ou thématique à ciel ouvert, qui concevrait le premier « musée du félin ». Et pour finir ou presque, qui créerait un  parcours dédié, lequel ne serait pas un parcours de santé mais un parcours urbain, bien reconnaissable, marqué et qui relierait différents lieux plus ou moins branchés de la ville, fréquentés par les clients potentiels.

Autant de réalisations, permanentes ou éphémères, mais reproductibles dans d’autres villes et franchisables  à volonté. Avec l’immense avantage aujourd’hui  de pouvoir en  tester préalablement et numériquement  tant la configuration que l’impact.

Et dès avant leur mise en place, entendre feuler la ville.

Didier TURCAN.

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 00:08
     Calculette
 
Dans  quelques  semaines, le Parlement entamera la discussion du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2013. C’est à l’occasion de ce débat annuel, en 2010, que le Code de la sécurité sociale s’était enrichi, si l’on peut dire, de l’Article L. 242-1-4. Cette disposition visait à  assujettir à cotisations sociales les rémunérations versées au titre des incentives obliques, soit  toutes sommes ou avantages procurés par une entreprise aux salariés d’un autre employeur (l’exemple sera repris d’un constructeur automobile motivant les salariés de ses concessionnaires).
Le législateur cédait là à la pression  de l’URSSAF qui, depuis de nombreuses années,  cherchait à capter ce qu’elle percevait comme une source appréciable de rentrées nouvelles. Les dites rémunérations échappant jusqu’alors à toute cotisation. Si le principe fut ainsi adopté de soumettre à cotisations salariales des rémunérations étrangères à tout  contrat de travail, ce fut pour mieux en concevoir  une importante dérogation qui en limitait assez considérablement la portée. Sous certaines conditions qu’on ne rappellera pas ici, la contribution consistait, en réalité,  dans la majeure partie des cas,  en un versement libératoire de 20%, acquitté par l’entreprise tierce et s’appliquant sur la somme ou valeur comprise entre 15% et 100% du SMIC. Au-delà de ce plafond, les prélèvements sociaux avaient vocation à s’appliquer à taux  plein. L’année suivante, à la satisfaction générale,  le plafond en question était porté à 150% du SMIC.
Bon. La thématique ne passionne pas les foules. A peine suscite-t-elle  la curiosité des principaux intéressés.  Mais le moment est venu, pour des raisons de simple bon sens,  de demander au  législateur de faire encore un petit effort sur le sujet,  le temps d’un instant seulement.
Pas question, bien entendu,  de chercher à reconsidérer la lettre ou l’esprit de l’Article L. 242-1-4 même s’il nous parait économiquement et juridiquement assez contestable. On ne le sait que trop, notre système de protection sociale est financièrement au bord de l’implosion et la chasse aux niches de tout acabit est ouverte. On se permettra tout de même de rappeler que les salariés bénéficiaires des rémunérations en question sont tout sauf des nantis.
Il faut en revanche réinscrire l’incentive dans l’économie réelle et l’échange intéressé. Avec l’incentive, personne n’est dupe et le rapport entre motiveur et motivé s’affranchit de toute mondanité. L’incentive suscite l’effort productif et contraint d’aller de l’avant. Par là même, il doit être  encouragé. Et puis, de grâce,  cessons une fois pour  toutes de parler de cadeaux. Le sujet est  trop souvent abordé dans les débats ou par la presse sous le chapitre des cadeaux d’affaires qui n’ont pourtant rigoureusement rien à voir avec l’incentive. Outre le fait qu’ils obéissent à une règlementation différente, les cadeaux d’affaires, au mieux, entretiennent les bonnes relations. L’incentive, elle ou lui comme on voudra, crée de l’économie.
C’est pourquoi nous reformulons notre proposition de porter de 150% à 200% du SMIC le plafond des  rémunérations pouvant bénéficier du versement libératoire. On le rappelle, cet amendement irait dans le sens et l’intérêt de toutes les parties concernées. Aucune entreprise n’envisage sérieusement de consacrer à ses opérations d’incentive  externe des sommes ou avantages amputés de 50% de leur montant. Le plafond légal figera la hauteur de leur engagement, versement libératoire inclus.
Rehausser ce plafond à 2 fois le SMIC confèrerait une marge de manœuvre significative qui préserverait l’impact attendu de tout incentive. De son côté, l’URSSAF verrait s’apprécier l’assiette des cotisations  prélevées. L’assèchement progressif du marché de l’incentive  irait contre les objectifs qu’elle poursuit. Par la mesure suggérée, son intérêt serait préservé et ses nouvelles ressources assurées.
Enfin, du point de vue du salarié, on retrouverait de quoi se motiver. L’effort qualitatif supplémentaire accompli trouverait récompense à plus juste mesure et la distance serait définitivement prise avec la stimulation gadget. A la clé, ce nouveau slogan proposé : travailler mieux pour gagner plus.
Cela fait à présent deux ans ou presque que le régime de l’Article L. 242-1-4 est entré en vigueur. Il ne serait peut-être pas inutile de dresser un état des lieux de son application. Qui révélerait les difficultés rencontrées ou les erreurs commises. Et qui serait, le cas échant, de nature à prévenir les redressements latents. Certes, la démarche promet d’être délicate pour qui voudrait l’initier et l’accueil promet d’être glacial. Quoiqu’avec un peu de pédagogie …..
Dans le sillage, il ne faudrait pas hésiter à interpeller  l’Administration concernée sur des cas concrets par la voie du rescrit social ou autrement.  Juste pour  éviter de repartir dans un  cycle infernal de jurisprudences approximatives et contradictoires déjà expérimenté par  le passé et dans d’autres matières par le secteur du MICE en général et de l’incentive en particulier.
Sensibiliser les parlementaires à cet aspect quelque peu marginal des débats qui vont s’ouvrir est affaire de bonne volonté de tous et de chacun. Il fait toujours bon flâner en toute saison  rue de l’Université et le Jardin du Luxembourg est magnifique en automne.
Les Assises virtuelles de l’Incentive @COVOSBAXON
Didier TURCAN / Roch GUILABERT
 
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